
Il s’agit d’un des plus beaux hôtels d’Arles tant par son envergure que par la qualité de la construction comportant, dans le style des grands hôtels parisiens du milieu du XVIIIème siècle, une aile principale, surmontée d’un large fronton encadré de deux avant-corps. La façade principale, la vaste cour ouverte sur la rue par un porche font de cet hôtel particulier un exemple particulièrement élégant des constructions privées arlésiennes datant du XVIIIème siècle.
C’est précisément au milieu du XVIIIème siècle, en1755, que sur cet emplacement, un bâtiment précédant celui qu’on peut voir aujourd’hui et qui appartenait à la famille de Loinville fut acquis par les Quiqueran de Beaujeu. Cette puissante famille arlésienne qui possédait déjà plusieurs hôtels en ville compta parmi ses membres de nombreux chevaliers de Malte, de brillants militaires, des érudits et de grands prélats ; elle ne donna pas moins de trente six consuls à la ville, entre 1336 et la Révolution. Dans la première moitié du XVIIème siècle, Honoré Quiqueran de Beaujeu devint Grand Prieur des Chevaliers de Malte de la langue de Provence et s’installa dans le Grand Prieuré d’Arles, actuel Musée Réattu ; au début du XVIIIème siècle, en 1715, c’est son arrière petit neveu, un autre Honoré, qui prononça, dans la basilique de Saint Denis, l’oraison funèbre du roi Louis XIV.
La famille Quiqueran de Beaujeu émigra au moment de la Révolution et l’hôtel, par elle déserté, abrita de 1816 à 1821 le Tribunal Civil de première instance. Il servit ensuite de demeure à la famille de Mandon, qui y installa le couvent du Bon Pasteur en 1837. Aux Dames du Bon-Pasteur succéda l’école laïque de la rue Joinville (rue des Arènes) bientôt remplacée par le cercle Saint-Genès. À partir de 1865, l’archevêché d’Aix-Arles y installa un couvent de Sœurs Gardes-Malades qui devait être transféré à Nîmes en 1977.
En 1978, la municipalité d’Arles acheta le couvent pour y loger, entre 1979 à 1989, le Centre Permanent des Rencontres Internationales de la Photographie puis, à partir de 1982, l’École Nationale de la Photographie.
Le bâtiment (2100 m2) lové autour de son escalier monumental, qui date de la fin du XVIIème siècle, a été réaménagé de fond en comble et dans le respect du cadre patrimonial par l’architecte Joseph Massota, maître d’œuvre, et par Alain Desvergnes, premier directeur de l’école, en tant que maître d’ouvrage. L’institution comporte une bibliothèque spécialisée (11 000 volumes), une salle d’archives, un auditorium (144 places), des laboratoires individuels et collectifs (noir et blanc, couleur), des régies vidéo et d’image numérique, des salles de séminaire, un studio de prise de vue, des chambres et un appartement pour les intervenants extérieurs.
L’ancienne chapelle, construite plus tardivement puisqu’elle date du XIXème siècle, a été transformée en salle d’exposition sous le nom de Galerie Arena.


